vendredi 6 avril 2012

Etre de droite, c'est avoir peur - Volet n° 3 (fin)


Etre de droite, c’est avoir peur

L’anthropologue Emmanuel Terray, qui signe « Penser à droite », a enquêté sur la tribu dont les valeurs triomphent depuis plus de 30 ans. (fin)


Emmanuel Terray est un grand nom de l’anthropologie française. 
C’est aussi un citoyen engagé, comme on dit, franchement à gauche. Il vient de publier un livre, « Penser à droite » (éd. Galilée, 163 pages 25 euros) dont on a envie de souligner toutes les phrases.
En étudiant les écrits des grands penseurs de droite depuis la Révolution française, il a dégagé ce qui constitue leur socle commun, quelles que soient les époques, et quels que soient les "courants" et les traditions dans lesquels ils s’inscrivent.
Il nous aide à comprendre pourquoi l’immigration et l’islam sont des obsessions des hommes politiques de droite. Et pourquoi on peut être pauvre mais voter pour un candidat qui n’aide pas les pauvres.
Au terme de son enquête, il estime que la vision du monde "de droite" est aujourd’hui hégémonique – et que "François Hollande est un bon reflet" de cette domination. 


Staline, « un tempérament de droite »
Votre témoignage vient à l’appui des croyances des penseurs de droite qui considèrent l’homme comme plutôt mauvais et feignant s’il n’est pas contraint par la société. 
Si on laisse la nature opérer, la force des choses jouer, la pensée de droite est effectivement validée. Les gens de gauche ont souvent tendance à sous-estimer l’effort et les prises de risque qu’ils demandent. 
Mais alors, on naîtrait de droite et on pourrait éventuellement devenir de gauche sous certaines conditions ? 
Je ne sais pas si on est de droite à l’état de nature. De mon point de vue, gauche et droite sont deux tempéraments symétriques.
Si vous n’aimez pas l’ordre établi, si vous ne craignez pas l’innovation, les risques, si vous êtes un peu parieur, ce tempérament vous conduit à être de gauche.
Si vous êtes davantage soucieux de sécurité, si vous craignez pour ce que vous avez, pour ce qui existe, si vous craignez l’arrivée de gens venus d’ailleurs, vous êtes de droite.
Prenez l’Union soviétique entre les deux guerres : vous voyez s’opposer des tempéraments de gauche et des tempéraments de droite. 
C’est Trotski, partisan de la révolution permanente, face à Staline, partisan de l’ordre, de la discipline, de la hiérarchie.
Dans le PC chinois actuel, c’est la même chose.
Quand Sarkozy est arrivé au pouvoir, l’UMP affirmait être devenue le parti du mouvement. Etes-vous d’accord avec cette revendication ? 
Cette revendication relève de la formule du prince Tancrède dans "Le Guépard" : 
"Il faut que tout change pour que tout reste pareil."
Je crois que c’est le principe même de la politique de Sarkozy. 
L’idée est de sauver l’ordre établi dans ses fondamentaux avec ce qu’il contient d’inégalités, de toute puissance de l’argent ; mais de faire les mutations accélérées et cosmétiques qui permettront de sauver cet essentiel.
"On fait mine de craindre l’islam"
Pourquoi la droite est-elle obsédée par l’islam ? 
L’islam nous est proposé comme un adversaire de substitution, car il faut toujours un adversaire, depuis que le communisme a disparu. 
On n’a pas assez noté que les Trente Glorieuses sont exactement contemporaines de la guerre froide.
Je suis convaincu que l’avènement de ce que Robert Castel a appelé la société salariale – une société de croissance, de plein emploi, de progrès du niveau de vie, de sécurisation des statuts pour les travailleurs – cette société construite par l’effort commun de l’aile réformiste du mouvement ouvrier et de la bourgeoisie éclairée, devait beaucoup à la pression extérieure exercée par l’aile communiste du mouvement ouvrier.
La première année que j’ai voté, en 1956, le Parti communiste faisait 26% des voix. C’était une alternative possible. 
A partir de 1980, la menace soviétique devenant de moins en moins crédible, le capitalisme s’est senti libéré de toute menace, d’où ce passage à l’hubris, à la démesure.
L’islam, aujourd’hui, ne met pas en cause le destin capitaliste. C’est un adversaire moins menaçant. 
Mais on fait mine de le craindre pour se souder contre quelque chose.
Comment les gens de droite ont-ils assisté aux révolutions arabes ? 
Le printemps arabe a provoqué une petite dépression. 
Notre droite aurait été très désorientée si toutes les révolutions arabes avaient conduit à l’avènement de démocraties dans tout le monde arabe.
Mais les partis islamistes sont en train d’emporter la bataille politique aussi bien en Tunisie qu’en Egypte. 
La droite peut donc continuer à brandir la menace islamiste.
La droite va donc continuer à jouer avec le halal, les prières de rues... 
Et les horaires des piscines, oui... Mais ce n’est pas uniquement pour avoir un ennemi. 
Cette attitude se rattache aussi à cette hostilité à l’étranger qui est une dimension importante de la pensée de droite.
La préférence nationale, pensée à droite

Pourquoi la droite est-elle si méfiante vis-à-vis de l’étranger ? 
Elle ne voit pas les étrangers d’abord comme des humains. La pensée de droite déteste les catégories universelles. 
Vous trouverez quantité de penseurs de droite pour vous dire que l’humanité est une notion zoologique, sans contenu politique ni social, ni culturel.
Pour eux, ce qui existe, c’est les nations : certaines nous sont proches, d’autres lointaines. L’idée de préférence nationale, elle est formulée par le Front national, mais elle est au cœur de la pensée de droite.
C’est aussi lié à sa conception de l’ordre : l’ordre implique que ses éléments restent distincts, et que chacun reste à sa place.
Or si vous n’êtes pas dans une société d’apartheid, l’immigration apporte le risque d’hybridation, de mélange, de métissage, de confusion.
Et, par définition, un immigré c’est quelqu’un qui ne reste pas à sa place. 
Tout cela est donc contraire aux valeurs de la droite. L’instinct profond de la droite l’amène à être hostile à l’immigration.
Tout au long des XIXe et XXe siècles, la France a toujours extrêmement mal accueilli les étrangers d’où qu’ils viennent : elle a mal accueilli les Belges, les Italiens – rappelez-vous le pogrom d’Aigues-Mortes –, les Espagnols...
J’ai lu des journaux des années 30, qui expliquent que le catholicisme complètement fétichiste et fanatique des Polonais interdisait absolument leur intégration dans la République française laïque... 
Remplacez le catholicisme par l’islam, et vous aurez les peurs d’aujourd’hui.
Etre de droite, au fond, c’est avoir peur ? 
Bien souvent, oui. 
Observez la pensée de Finkielkraut, vous retrouvez cette notion de forteresse assiégée : nous sommes entourés par les barbares, ils sont à nos portes, nous sommes menacés de déclin, de disparition... 
C’est un thème cardinal dans la pensée de droite depuis 1830.
Pendant la révolution de 1848, les barbares de l’époque, ce sont les Bretons, les Picards, les Auvergnats qui s’entassent dans les faubourgs de Paris et comme ils ne parlent pas encore très bien français, car Jules Ferry n’est pas encore arrivé, ils sont réputés étrangers, ils menacent la civilisation bourgeoise parisienne.
Dans le livre de Louis Chevalier, « Classes laborieuses et classes dangereuses », vous trouvez des descriptions et des citations éloquentes sur le sujet. 
Il n’y a pas grand-chose à changer entre les textes de cette période et ceux d’aujourd’hui : la civilisation disparaît, il n’y a plus de repères, la morale s’évanouit. 
C’est un thème constant de la pensée de droite, ce thème de la peur.

Dans la préface de "Lucien Leuwen", Stendhal a cette très belle formule : 
"Adieu ami lecteur, essayez de ne pas passer votre vie à haïr et à avoir peur." 
On voit dans la campagne actuelle que la haine et la peur sont des moteurs fondamentaux pour les candidats de droite.

Fin

Etre de droite, c’est avoir peur - Volet n° 2 (suite)



Etre de droite, c’est avoir peur
Entretien, Mathieu Deslandes et Emmanuel Terray(suite) :


Emmanuel Terray qui signe "Penser à droite", a enquêté sur la tribu dont depuis 30 ans et plus les valeurs triomphent.  
Emmanuel Terray à la rédaction de Rue89, mars 2012 (Mathieu Deslandes/Rue89)

Emmanuel Terray est un grand nom de l’anthropologie française. 
C’est aussi un citoyen engagé, comme on dit, franchement à gauche. Il vient de publier un livre, "Penser à droite" (éd. Galilée, 163 pages 25 euros) dont on a envie de souligner toutes les phrases.
En étudiant les écrits des grands penseurs de droite depuis la Révolution française, il a dégagé ce qui constitue leur socle commun, quelles que soient les époques, et quels que soient les "courants" et les traditions dans lesquels ils s’inscrivent.
Il nous aide à comprendre pourquoi l’immigration et l’islam sont des obsessions des hommes politiques de droite. 
Et pourquoi on peut être pauvre mais voter pour un candidat qui n’aide pas les pauvres.
Au terme de son enquête, il estime que la vision du monde "de droite" est aujourd’hui hégémonique – et que "François Hollande est un bon reflet" de cette domination. 

Rien d’utopique chez Hollande
Rue 89 : Et Hollande ? Si je me fie aux valeurs que vous énumérez, j’en tire la conclusion qu’il est aussi de droite. 
Là les choses sont différentes. La droite et la gauche, c’est un couple antagoniste mais indissociable. Elles sont déterminées l’une par l’autre. C’est un couple qui s’affronte dans la bataille politique et la bataille des idées. 
Par conséquent, on en arrive à la question de l’hégémonie : qui est dominant dans la bataille des idées ? 
Contrairement à ce qu’on pense souvent, la gauche était assez largement dominante jusqu’en 1970-75, pendant la période des Trente Glorieuses : elle était dominante sous sa forme interventionniste, keynésienne, progressiste.
Il y a eu une mutation en 1980 et depuis cette période, c’est la droite qui est hégémonique : c’est le triomphe des valeurs de l’individualisme, de la compétition, des inégalités. 

Et je pense que François Hollande est un bon reflet de cette hégémonie de la droite.

Je ne doute pas qu’il soit un homme de gauche du point de vue de ses appartenances sociales, de son enracinement, mais dans ce qu’il développe, si les valeurs de la gauche c’est l’innovation, l’invention, la prise de risque, le privilège de l’avenir sur le présent, on en est assez loin.
Il n’y a rien dans ce que nous propose François Hollande qui relève de près ou de loin de l’utopie. 
Or je pense que sans utopie, il n’y a pas vraiment de pensée de gauche.
François Hollande serait donc un homme qui défend des valeurs de droite ! 
Je dirais que c’est un homme de gauche qui subit très fort l’hégémonie de la droite. Ce n’est pas tout à fait la même chose.

Quid des écologistes ? 
Il y a chez les écologistes un curieux mélange d’utopie futuriste et de nostalgie passéiste, sur le thème du retour à la nature, à la vie simple, etc. 
Cette identité multiple leur permet d’attirer beaucoup de suffrages – lorsqu’il n’y a pas d’enjeu réel, par exemple aux élections européennes et régionales. 
Quand les élections décisives (politiques) arrivent, c’est une autre affaire.
Mélenchon ou la gauche classique
Passons à Mélenchon. 
Si les valeurs de la gauche, c’est le refus de l’ordre établi, la recherche de l’égalité, l’idée qu’il n’y a pas d’ordre sans justice, et que toute injustice est un désordre, indiscutablement, Mélenchon et le Front de Gauche sont les porteurs des valeurs de la gauche classique. 
Vous allez voter pour lui ? 
Vraisemblablement.
Vous disiez que la pensée de droite est hégémonique. Peut-on dire que la France est de droite ? 
Votre question est difficile. 
Je suis frappé par la chose suivante : dans la mesure où elle privilégie l’ordre et la sécurité d’une part, le proche sur le lointain d’autre part, la pensée de droite a des assises sociologiques qui lui assurent une audience considérable.
Je pense à des gens qui n’ont pas beaucoup, et qui ne sont pas prêts à risquer ce pas beaucoup dans des aventures politiques incertaines, qui raisonnent selon l’adage "un tiens vaut mieux que deux tu l’auras", "ne lâchons pas la proie pour l’ombre".

C’est un point intéressant parce que historiquement, la droite s’est toujours méfiée du suffrage universel. 
Et puis la révolution de 1848 est arrivée et il y a eu les premières élections au suffrage universel masculin. Divine surprise : les monarchistes ont eu 500 sièges et les républicains, 200.
La droite a découvert que le suffrage universel, à condition qu’il soit bien balisé, à condition que le choix des candidats soit bien encadré, pouvait jouer en sa faveur.

D’autre part, la démocratie implique un effort, une dépense d’énergie, de temps. 
Quiconque a eu des responsabilités sait que c’est bien plus facile de décider soi-même et d’essayer de faire appliquer cette décision plutôt que de consulter cinquante personnes et discuter pendant des heures pour arriver à un avis commun. 
Or les gens ne sont pas spontanément portés à l’effort.

Il existe aussi, plus profondément, ce que Dostoïevski a appelé la peur de la liberté. 
J’ai été défenseur prud’hommes dans les années 70 à la CFDT. Dans notre idéologie, nous voulions une défense collective, participative. On voulait associer les gens qui venaient porter plainte à leur propre défense. On se heurtait à des résistances farouches. Je les entends encore : 
"Monsieur, je remets mon sort entre vos mains, je vous fais une entière confiance."
Ce recul face à la liberté et la responsabilité jouent très fort en faveur de la droite, qui fait une distinction fondamentale entre l’élite et la masse.
... A suivre



Etre de droite, c’est avoir peur - Volet n° 1


Etre de droite, c’est avoir peur
Entretien entre Mathieu Deslandes et Emmanuel Terray :
L’anthropologue Emmanuel Terray, qui signe "Penser à droite", a enquêté sur la tribu dont les valeurs triomphent depuis plus de trente ans. 

Emmanuel Terray à la rédaction de Rue89, mars 2012 (Mathieu Deslandes/Rue89)


Emmanuel Terray est un grand nom de l’anthropologie française. 
C’est aussi un citoyen engagé, comme on dit, franchement à gauche. Il vient de publier un livre, « Penser à droite » (éd. Galilée, 163 pages 25 euros) dont on a envie de souligner toutes les phrases.
En étudiant les écrits des grands penseurs de droite depuis la Révolution française, il a dégagé ce qui constitue leur socle commun, quelles que soient les époques, et quels que soient les "courants" et les traditions dans lesquels ils s’inscrivent.
Il nous aide à comprendre pourquoi l’immigration et l’islam sont des obsessions des hommes politiques de droite. Et pourquoi on peut être pauvre mais voter pour un candidat qui n’aide pas les pauvres.
Au terme de son enquête, il estime que la vision du monde "de droite" est aujourd’hui hégémonique – et que "François Hollande est un bon reflet" de cette domination. 
Entretien :

Rue89 : Vous avez entrepris de comprendre ce que c’est qu’être de droite. Comment ce sujet s’est-il imposé à vous ? 
Emmanuel Terray : C’est venu de très loin : je suis d’une famille de droite classique républicaine. Au fur et à mesure que les années ont passé, il m’a semblé qu’il fallait prendre la mesure du fait que la moitié du monde ne pense pas comme moi ; et qu’on ne pouvait pas réduire ce fait à la simple défense d’intérêts matériels. 
D’autant que dans cette moitié qui ne pense pas comme moi, beaucoup de gens ont peu d’intérêts matériels à défendre.
Je voulais comprendre ce qui les amenait à défendre un ordre établi qui les traite relativement mal. 
Comme anthropologue, je me suis toujours efforcé de comprendre une société autre, une culture autre. Ce livre est le fruit d’un effort déployé pour comprendre la tribu de la droite.
C’est la même approche intellectuelle que quand vous partiez étudier des tribus en Côte d’Ivoire ? 
J’ai travaillé dans des sociétés faites de lignages juxtaposés qui peuvent être très opposés les uns aux autres mais qui appartiennent tout de même à un même clan. Et quand un autre clan entre en scène, ces lignages savent toujours s’entendre.
On a un mécanisme du même genre dans la pensée de droite. Malgré son extrême diversité, la pensée de droite a toujours été capable de se réunifier quand l’adversaire se faisait menaçant.
Les historiens qui ont réfléchi sur la droite – à commencer par René Rémond, à continuer par Sirinelli et ses collaborateurs puis par Michel Winock – insistent toujours sur sa diversité. 
J’observe pour ma part une continuité indéniable dans le temps et une grande cohérence.
"L’ordre établi, c’est le point de départ"
Mais la droite se compose malgré tout de deux grandes familles : les tenants du libéralisme économique et ceux qui sont plutôt attachés au conservatisme social. Combien de temps cette cohabitation peut-elle encore durer ? 
La tension entre les deux est un mécanisme constant dans l’histoire de la droite. La droite défend l’ordre établi. C’est le point de départ. Mais l’ordre établi change sous la pression des mouvements du monde. Par conséquent, la droite est confrontée à une échéance : ou bien nous restons fidèles à l’ordre établi tel que nous l’avons toujours défendu et nous tombons dans la réaction ; ou bien nous nous adaptons.
Vous avez une très belle transition de ce genre au début du XIXe siècle. Sous la Restauration, la droite aristocratique féodale souhaite que l’Ancien régime soit rétabli. Mais la société a changé, la révolution industrielle commence, les banques et l’argent prennent de l’importance.
Cette évolution pousse la droite légitimiste dans la réaction et c’est la droite orléaniste qui se place au cœur du jeu : ce sont les valeurs de Guizot et Louis-Phillippe qui l’emportent. L’argent.
Balzac décrit admirablement cette mutation : vous avez d’un côté la duchesse de Langeais et le comte de Montriveau, partisans de l’Ancien régime ; et de l’autre Rastignac, qui décide de s’adapter à la société telle qu’elle est devenue, qui va épouser la fille de l’usurier et se faire de l’argent.
On pourrait aussi prendre un exemple à la fin du XIXe siècle. La droite, jusque là, est résolument monarchiste. Vers 1880-1890, les plus lucides voient bien que la République est installée et qu’on ne reviendra pas à la monarchie. Et par conséquent, c’est le mécanisme du Ralliement. Dans l’Histoire, l’expression désigne le ralliement des catholiques mais ça va bien au-delà : la droite devient républicaine et ceux qui restent monarchistes versent dans la réaction.
Je me demande si on n’assiste pas au début d’une transition du même genre.
Si la mondialisation ultralibérale devient la règle définitive, si la droite classique s’accroche à ses positions, elle deviendra elle aussi réactionnaire par rapport à cette idéologie ultralibérale. Il y a une tension évidente entre les deux. Mais la crise peut aussi freiner le triomphe de la mondialisation ultralibérale ; à ce moment-là, la droite républicaine classique retrouverait ses marques.
Sarkozy, « du côté du libéralisme »
Donc les tenants du conservatisme social retrouveraient une place centrale à droite ? 
Oui. Si on regarde l’échiquier politique français, on voit bien que Sarkozy et Juppé, ce n’est pas la même chose. Or on ne peut pas dire que la tendance Juppé a définitivement perdu la bataille. La crise peut favoriser une envie de modération et de stabilité.
En lisant votre livre, je me suis demandé si Nicolas Sarkozy était vraiment de droite. 

Il n’est pas de la droite classique. Les valeurs de la droite classique et celles des tenants du libéralisme économique s’opposent presque terme à terme : la stabilité, l’enracinement, la sécurité et le consensus d’un côté ; la mobilité, le nomadisme, le goût du risque et la compétition de l’autre. Sarkozy est du côté du libéralisme.

Ceci dit, cette distinction n’efface pas les fondamentaux : l’ordre, la hiérarchie, l’autorité, la priorité donnée au plus proche sur le lointain, restent constantes. L’idée d’égalité est rejetée par toutes les fractions de la droite – l’inégalité est même considérée comme un bienfait, un moteur de la compétition, donc de la croissance, de l’innovation.
A vous lire, le centriste Bayrou est de droite. 
Sans aucun doute. Il est clairement d’une droite conservatrice, républicaine, d’influence chrétienne – ce qui est important à souligner, parce que ce n’est pas la règle générale.

... A suivre
    


jeudi 5 avril 2012

LE RÉGULATEUR DE VITESSE PEUT ETRE DANGEREUX


LE RÉGULATEUR DE VITESSE 
Il y a quelques semaines, une femme de 36 ans eut un accident  et démolit son auto. 
Il pleuvait légèrement lorsque son auto partit littéralement dans les airs en vol plané. Elle ne fut pas blessée gravement, mais elle resta sidérée par cette expérience. 
Lorsqu'elle expliqua ce qui lui était arrivé à un Gendarme il lui expliqua ce que tous les conducteurs devraient savoir : 
NE JAMAIS ACTIVER LE RÉGULATEUR DE VITESSE (CRUISE CONTROL) POUR CONDUIRE LORSQU'IL PLEUT. 

J.ORTET

Elle croyait être prudente en activant le régulateur de vitesse pour maintenir une vitesse constante et sûre recommandée sous la pluie. Mais le Gendarme lui expliqua que lorsque le régulateur de vitesse est en fonction et que l'auto commence à faire de l'aquaplaning au moment où les pneus perdent le contact avec la chaussée, l'auto commence à accélérer, elle prend une vitesse plus élevée, et elle part comme un avion. 
Elle confirma au Gendarme que c'était exactement ce qui lui était arrivé. 
D'après le gendarme, conjointement à l'avis sur le sac gonflable, un avertissement devrait préciser :
NE JAMAIS UTILISER LE RÉGULATEUR DE VITESSE QUAND LA CHAUSSÉE EST MOUILLÉE OU GLACÉE.  
Nous avertissons les chauffeurs d'utiliser le régulateur de vitesse et de conduire à une vitesse sûre mais nous ne les avertissons jamais de l'utiliser uniquement lorsque la chaussée est sèche. 
En plus du policier, la seule personne rencontrée qui était au courant de ce phénomène était un homme victime d'un accident semblable subissant des blessures graves et détruisant son auto. 
À NOTER : Sur certains véhicules, tel la Toyota Sienna Limited XLE, on ne peut pas activer le régulateur de vitesse lorsque les essuie-glaces sont en fonction. 

Si vous expédiez cette information à 15 personnes et ne fut-ce qu'une seule qui ignore ce phénomène, alors ça aura valu la peine. Vous avez peut-être sauvé une vie. 


UBER

Pensée : "Lorsque quelqu'un partage avec vous quelque chose d'important dont vous pouvez bénéficier, vous avez l'obligation morale de la partager avec d'autres" dit un proverbe chinois. 
Amitiés du Major Jacques André JOUBERT Chef du secrétariat GGD05 Groupement de commandement des Hautes Alpes à Gap 05
jacques.joubert@gendarmerie.defense.gouv.fr Tél. : 04.92.40.65.04 - Fax : 04.92.40.65.45 



mercredi 4 avril 2012

Les dangers du G.P.S. oublié en voiture


G.P.S.
Pour celles et ceux qui utilisent ou qui se font accompagner d'un utilisateur de GPS : La saison des vacances pointe de nouveau son nez, c'est pourquoi j'aimerais attirer votre attention sur un fait divers malheureux. 
Lors d'un trajet en voiture, on utilise presque tous un GPS pour rejoindre son lieu de vacances. 
Les voleurs aussi : Une famille part en vacances en voiture. Ils viennent de passer une magnifique journée, ils décident de prendre un rafraîchissement à la terrasse d’un café et abandonnent leur véhicule sur le parking. 
Peu après, ils rejoignent la voiture et constatent que leur GPS a été volé. 
Quelques heures plus tard, les voisins leur téléphonent pour les avertir que leur domicile a été cambriolé. Les voleurs ont simplement utilisé la fonction  "vers le domicile".
 Ils sont tranquilles, les propriétaires sont en vacances et ils ne seront donc pas dérangés. 

E.T. RETOUR MAISON !
C'est E.T. qui a fait le coup ! ...
Un conseil : remplacez votre adresse (que vous connaissez par coeur) par celle du bureau de police le plus proche. Les voleurs auront un GPS mais pas l'adresse de votre maison. 




Protégez-vous de l'AIR CLIMATISÉ en voiture

AIR CLIMATISÉ (A/C) dans l'auto. 
Ne mettez jamais en fonction l'air climatisé (A/C) au moment où vous entrez dans votre auto. 
Ouvrez les fenêtres et attendez quelques minutes avant de le faire. Voici pourquoi : 



Selon une recherche, le tableau de bord, les sièges et le rafraîchisseur d'air émettent du benzène, une toxine causant le cancer (carcinogène - prenez le temps d'observer la senteur du plastique chauffé dans votre auto). 
En plus de causer le cancer, le benzène empoisonne vos os, cause de l'anémie et réduit les globules blancs dans le sang. L'exposition prolongée causerait aussi la leucémie, augmentant le risque de cancer. Peut même causer une fausse couche. Le niveau acceptable de benzène à l'intérieur est de 50 mg/pi..ca. 
Une auto stationnée à l'intérieur d'un garage, avec les fenêtres fermées, peut contenir de 400 à 800 mg/ pi.ca . de benzène. 


Si l'auto est stationnée à l'extérieur, au soleil, à une température de plus de 60°F, le niveau de benzène peut monter jusqu'à 2000-4000 mg, soit 40 fois le niveau acceptable... 
Les gens qui entrent dans leur auto sans ouvrir les fenêtres vont inévitablement respirer rapidement des quantités excessives de la toxine. 
Le benzène est une toxine qui affecte les reins et le foie. Le pire, c'est qu'il est extrêmement difficile d'évacuer ce produit toxique. 
Alors, mes amis, avant d'entrer dans votre auto, s.v.p. ouvrez les fenêtres et les portes, donnez le temps à l'air intérieur de s'échapper et de se renouveler ...




Appel du Conseil National de la Résistance

15 mars 1944



Pour voyager dans les lieux communs il suffit d’enfoncer les portes ouvertes :
On n'emploie pas les vieux parce qu'ils ont de l'expérience mais que l'expérience coûte trop cher.
On n'emploie pas les jeunes parce qu'ils ont des diplômes mais pas assez d'expérience.
En Afrique on écoute les vieux parce que l'on croit qu'ils sont sages et qu'ils connaissent l'avenir.
Ici, on fait taire les sages parce qu'ils sont vieux et qu'on croit que les vieux n'ont pas d'avenir. 
Pour savoir où l'on va il faut savoir d'où l'on vient. 
Le présent est le futur du passé et l'avenir passe toujours par le passé, mais tout le monde s'en fout !
Moralité :
Ils nous font vraiment chier nos joyeux penseurs et nos tristes chefs qui ont entre trente et soixante ans, qui savent tout et qui préparent à nos petits enfants une vie de merde !




DIONYSOS - BIRD'N ROLL et NEIGE - Le rock français dans ce qu'il a de plus poétique et d'inventif


BIRD'N ROLL


Jack l'inventeur 


Bird'n roll



Neige
 réalisateur : Stéphane Berla

Quelqu'un à dit qu'il était difficile de ne pas penser à l'univers de Tim Burton  dans ce clip de S. Berla. Même à propos de Dionysos et de son univers poétique, la réflexion est parfaitement justifiée et quand Tom Cloudman danse sur scène et dans ses clips, sa folie poétique devient extrême. 
Hélas je n'ai pas pu en trouver de témoignage visuel.






lundi 2 avril 2012

Le CHANT des PARTISANS

Le chant des Partisans
1943
Poème de Joseph Kessel
et de Maurice Druon
Musique d'Anna Marly



JOSEPH KESSEL

Bêtement, je l'avoue, j'aime mon pays, je fais partie de ces métèques qui aiment la France parce que comme disaient les juifs polonais je veux être "heureux comme Dieu en France".
1943 est l'année des plus beaux textes sur la démocratie, l'esprit de résistance et l'amour de la France. 
C'est l'année où l'on prend conscience de la nécessité absolue de l'union sacrée entre gens de devoir, de bonne volonté, d'amour du prochain, union sacrée entre communistes, gaullistes, marxistes et capitalistes, juifs et chrétiens, français et étrangers. 

Que revienne l'esprit de 1943 pour redresser la France et par contrecoup une Europe apaisée et sociale !
Pablo




ANNA MARLY


MAURICE DRUON




















Louis ARAGON - LA ROSE et le RÉSÉDA









La rose et le réséda
1943
Poème de Louis Aragon
                   interprété par La Tordue




Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous deux adoraient la belle prisonnière des soldats
Lequel montait à l'échelle et lequel guettait en bas

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Qu'importe comment s'appelle cette clarté sur leur pas
Que l'un fut de la chapelle et l'autre s'y dérobât


        


Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Tous les deux étaient fidèles des lèvres du coeur des bras
Et tous les deux disaient qu'elle vive et qui vivra verra

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Quand les blés sont sous la grêle fou qui fait le délicat
Fou qui songe à ses querelles au coeur du commun combat

                  


Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Du haut de la citadelle la sentinelle tira
Par deux fois et l'un chancelle l'autre tombe qui mourra

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Ils sont en prison Lequel a le plus triste grabat
Lequel plus que l'autre gèle lequel préfère les rats 

             

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Un rebelle est un rebelle deux sanglots font un seul glas
Et quand vient l'aube cruelle passent de vie à trépas

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Répétant le nom de celle qu'aucun des deux ne trompa
Et leur sang rouge ruisselle même couleur même éclat
     

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
Il coule, il coule, il se mêle à la terre qu'il aima
Pour qu'à la saison nouvelle mûrisse un raisin muscat

Celui qui croyait au ciel celui qui n'y croyait pas
L'un court et l'autre a des ailes de Bretagne ou du Jura
Et framboise ou mirabelle le grillon rechantera
Dites flûte ou violoncelle le double amour qui brûla
L'alouette et l'hirondelle la rose et le réséda 

Louis Aragon




Pour l’anecdote, c'est l'un des poèmes préférés de François Bayrou qui le connait par coeur et le dit très bien. Voici une autre version chantée par Bernard Lavilliers :
Montage sur le poème d'Aragon
chanté par Bernard Lavilliers
qui s'accompagne à la guitare

dimanche 1 avril 2012

LISIEUX D'AUTREFOIS ET D'AUJOURD'HUI - INSTITUTION FREMONT - NOTRE DAME




LA CHAPELLE DE FRÉMONT


 FRÉMONT APRES LES BOMBARDEMENTS



  ANCIENNE

     PHOTO 
         
         DE 
   
     CLASSE 
        
         DE 


L'INSTITUTION
   
    FRÉMONT





NOTRE DAME


Vue d'avion







Chapelle




HUMOUR BÉARNAIS PRÉSIDENTIEL : BAYROU DE SECOURS !



Placide




On a vu des slogans sur les calicots d'une manifestation de François Bayrou et qui valaient leur pesant de moutarde :


LA FRANCE EST A PLAT : 
METTEZ BAYROU DE SECOURS !
source : Canard enchaîné

L'humour béarnais n'est pas aussi fin que l'humour corrézien, il est à la légèreté ce que la sauce béarnaise est à la cuisine raffinée : un peu lourd à l'estomac.
Si c'est avec ce slogan que notre bon François compte rallier des troupes à son panache blanc !